Exemples de traductions

Taductions simultanées ou consécutives 

  • Journée d'études d'ingénieurs et de pompiers sur la sécurité dans les tunnels
  • Congrès international de maires
  • Réunions d'affaires dans différentes entreprises 
  • La sécurité des ports
  • Cérémonie de Yom Hazikaron
  • Amélioration des relations interpersonnelles dans l'entreprise
  • Colloques mondiaux de dirigeants de Centres communautaires
  • Congrès de l'Agence juive
  • Congrès de la Wizo
  • Prestations dans les tribunaux
 
 Dossiers commerciaux, juridiques et techniques, traductions certifiées
Certificat d'association et d'immatriculation de société privée
Ceci certifie queTeldar, industries de télécommunication et d'électronique, société à responsabilité limitée s'est constituée et a été agréée en tant que société à responsabilité limitée, en vertu de la loi sur les sociétés,
 
 Protocole d'une réunion sur les réseaux électriques et communication – VLG. France
 
Suite à la réunion qui s'est tenue le 12.12.07 à l'étude de l'architecte A. N., voici les sujets devant être examinés par le commanditaire / l'architecte et/ou les directeurs du projet délégués par les Français pour promouvoir une bonne planification des réseaux électrique et des réseaux de communication dans ledit projet:
         1.      Examen de l'état actuel des connexions et sources d'énergie existants actuellement à VGL et voir s'il y a lieu de les augmenter.
         2.      Définition de programme. Y compris électricité vitale et non vitale selon la définition des autorités (équivalent des pompiers en Israël et autres autorités).
        
Atrisense, Conception de maison intelligente  
Atrisense conçoit et planifie des solutions de domotique. La mode de la maison intelligente s’élargit rapidement et de bâtiments fabriqués sur commande par des enthousiastes excentriques, elle devient un produit courant des immeubles haut de gamme.  En dépit de certains avantages évidents, construire une maison intelligente pose sans aucun doute quelques défis.
•  Tout d’abord et essentiellement – une maison intelligente consiste en de nombreux systèmes sophistiqués contrôlant quelques autres systèmes sophistiqués et constitue un défi au niveau de l’interface de gestion.
Sans interface d’utilisation facile, spécialement conçue pour assurer au client un contrôle aisé, la maison intelligente devient une gêne pesante.
•  Construire la maison intelligente idéale en agréant aux besoins du client, tient de l’équilibre entre des exigences architecturales, les impératifs des différents systèmes et les besoins de l’infrastructure, ces différents aspects de la conception étant parfois conflictuels. Un plan avisé et une grande expérience sont la clé d’un équilibre optimal.

       Albums, brochures, CD
Guide d'utilisation de "Sécurité routière", jeu conçu par Yossi Toubiana, psychologue clinique et directeur de l'Institut Zahav de diagnostique et de traitement des situations de stress 
Pour bon usage, voici quelques explications qu'il est conseillé de donner aux enfants au cours du jeu. Il est important de faire remarquer aux enfants quel est le comportement approprié qui les préservera, eux et les autres passagers qui les accompagnent, d'un accident de la route. Il est recommandé de baser les explications concernant chacune des situations présentées sur les cartes, sur les thèmes correspondants exposés dans le manuel. Les explications se réfèrent à la conduite des piétons, des passagers et des automobilistes ainsi qu'à l'observance des lois du code de la route.
 
Danièla Cohen-Lévitas Œuvres pour piano
 La musique de Danièla Cohen-Lévitas reflète tant l'esprit humain que le comportement quotidien de son auteur. C'est une musique lyrique, se rapportant de par sa forme, sa texture contrapuntique, son harmonie et sa mélodie, à la tradition classique. On y trouve des tonalités très claires, suivies d'étonnantes modulations. Cette musique est minimaliste, mais cependant très nuancée. La mélodie, tantôt audacieuse et rude, tantôt délicate et douce, constitue l'assise des œuvres de Cohen-Lévitas. L'harmonie qui la soutient est des plus variée et la colore de différentes teintes.
 La valse pour piano par laquelle s'ouvre le CD est une valse chromatique et élégante. De nombreux changements dans l'ambiance, la dynamique et le registre interviennent dans le morceau, mais la basse préserve le rythme classique de la valse. C'est une œuvre lyrique très expressive et puissante.

 catalogue Documarché 2007 – marché de films documentaires prêts à être projetés.
 Ce catalogue rassemble une documentation sur près de 200 films israéliens produits en 2006-2007 et classés par catégories. Il permet donc de se faire une idée de la société israélienne actuelle et de découvrir son coté complexe, beaucoup moins connu. A coté de films traitant du conflit israélo-arabe toujours pas résolu, on trouvera dans ce catalogue les thèmes essentiels qui préoccupent les créateurs israéliens à l'heure actuelle, soit des sujets qu'on peut classer dans des rubriques tels que regard sur le monde religieux, les femmes dans la tempête, des films sur l'enfance et les difficultés de grandir, films d'introspection etc…

L'enfant mentionné ci-dessus. Synopsis de film 
Dans une série de rencontres entre des enfants adoptés et leurs mères biologiques, la directrice commence à examiner la signification des liens de sang,  brisant bien des mythes associés à l'adoption. Elle découvre que ses protagonistes, tout comme elle-même, sont confrontés à des problèmes d'identité, de perte et de douleur qui continuent à les troubler des années après avoir été réunis.

Articles de presse
Le dialogue Israel- Europe Efraim Inbar & Fabrice Chiche
 La création de l’Etat d’Israel repose à l’origine sur un consensus de la Société des Nations. Cependant, depuis 1948 , de nombreux facteurs ont perturbé la base de ce soutien. L’une des zones qui fut l’épicentre de ce phénomène est l’Europe. Pour certains, c’est la montée en puissance du multiculturalisme qui a encouragé l’Europe à développer sa relation avec le monde arabe. D’autres pense que l’Europe a pris ses distances vis à vis d’Israel dans le cadre d’une opposition plus globale avec les Etats Unis et ses alliés. Une question se pose alors pour l’Europe : quelle place peut-elle avoir au Proche Orient et plus particulièrement dans les pourparlers entre israéliens et palestiniens en vue d’un accord de paix. 

Ruth Netzer, La poésie de Haya Ester
 Ce qui se passe dans la poésie toute particulière de Haya Ester relève de dimensions allant au-delà de l'âme humaine, de circonstances mythiques absolues qui sont tout un univers. Un monde égal, pas encore exilé ou séparé de lui-même, dans lequel s'inscrit un mouvement fluctuant permanent à l'image de l'existence océanique première, quand les profondeurs et les cieux tourbillonnaient de concert.
 C'est un acte d'exaltation et de joie extatique - c'est-à-dire au-delà du statique, qui exprime un élan psychique – l'instinct, le sentiment, l'esprit, l'énergie initiale, l'existence : "Tu as affaire à une femme qui parle le langage des aigles/ et voit les planètes par son corps". Comme la danse hassidique ou soufie, ou comme celle ininterrompue du dieu Shiva qui ce-faisant, crée le monde. Plus, comme les orgies de Tantra ou celles de Shabbtaï Zvi - d'une sexualité crue sans limites - où on ne peut distinguer le permis de l'interdit, le pur de l'impur, le sacré du profane. Il n'y a pas non plus de distinction entre le corps et l'âme. Le corps est l'âme et à travers lui, perce le divin, comme dans le titre du recueil d'où est tiré ce poème, Dieu parle mon corps. Il est écrit dans le Zohar : "Viens et vois : L'âme humaine, nul ne peut la connaître, si ce n'est par les organes du corps, qui sont des degrés faisant le travail de l'âme… Mais par ces mêmes portes qui sont des ouvertures vers l'âme, se propage la connaissance du Saint-Béni-Soit-Il" (Extraits du Zohar, Yishayiaou Tichbi p. 188 – IIX : I, 103 verso). Chez Haya Ester, tout comme dans le Zohar, les organes du corps sont des portes conduisant vers l'âme.

Articles scientifiques et publications académiques

Gadi Taub, Post- sionisme : connexions française, américaine et israélienn, in: Tuvia Friling (ed), Critique du post-sionisme, réponse aux "nouveaux historiens"israéliens
Comme l’a affirmé un jour George Orwell, les intellectuels occidentaux de gauche n’oublient jamais ni la force oppressive du nationalisme ni celle libératrice de l’idéologie. Cependant, jamais ils ne se rappellent, dit-il, la force libératrice du nationalisme et la force oppressive de l’idéologie. Dans le cas d’Israël et des Palestiniens, ceci a des conséquences particulièrement ironiques. Etant donné qu’une délégitimation du nationalisme donne une bonne raison psychique de blâmer Israël, les post-sionistes ont par principe, réfuté le nationalisme. Ils ont fini par délaisser le nationalisme palestinien et la lutte des Palestiniens pour l’indépendance. La solution utopique qu’ils ont commencée à proposer, étant celle d’un « Etat pour tous ses citoyens », s’étendant du Jourdain à la Méditerranée. A des oreilles palestiniennes, cela résonne comme une annexion. Une annexion à une démocratie constitutionnelle comme en Amérique.

Daniel Blatman, Le mouvement socialiste juif (Bund) en Russie et en Pologne 1897-1949
Un mouvement ouvrier juif en Europe de l’Est s’est développé alors que de profondes mutations agitaient l’ensemble de la population juive qui vivait dans les étendues de Pologne, de Lituanie, d’Ukraine et de Russie dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. Ces changements touchaient la démographie, les processus d’urbanisation, la structure économique, la prolétarisation, l’introduction d’idées et d’idéologies modernes, comme le nationalisme juif et le socialisme, et un antisémitisme grandissant accompagné de vagues de pogromes et d’une émigration de masse. En quelques dizaines d’années, tout cela a bouleversé la structure et le mode de vie de cette population, qui constituait la majorité du peuple juif à l’aube du vingtième siècle.
 
Laurent Kern, Les troubles du développement précoce chez les chiens
Nous parlerons dans la suite de ces articles des trois troubles du développement précoce que nous rencontrons le plus souvent en pratique canine : le syndrome hyperactivité-hypersensibilité, le syndrome de privation sensorielle  et la dyssocialisation. 

L'élaboration de la mémoire collective chez les écoliers d'Israël par le biais des programmes scolaires et des livres d'histoire, Y. Klein
Cinquante sept ans après la mort de Maurice Halbwachs au camp d'extermination de Buchenwald, la mémoire collective est devenue ces dernières années un sujet de recherche particulièrement large dans des domaines variés et vastes Des historiens, des sociologues, des anthropologues, des chercheurs dans le domaine du folklore et d'autres en font un large usage L'un des problèmes essentiels de la recherche sur la mémoire collective est que le terme est quasiment devenu un cliché et du coup, a perdu une partie de sa signification

Nurith Yaari, Le théâtre de Hanokh Levin
Le lieu de la comédie lévinienne est l'espace urbain, en général à peine vaguement esquissé : une rue, un café, une fenêtre, une station d'autobus, un balcon. Ces espaces définissent mieux que tout, les limites de l'enveloppe extérieure de la maison. L'appartement et les pièces qui le composent ne sont caractérisés que par quelques éléments – porte, lit, chaise, table, fenêtre - qui délimitent les limites de l'individu. Le bord de mer, représenté pour la première fois dans Funérailles d'hiver, est également un lieu important de l'espace urbain de Tel Aviv, mais aussi un terrain d'atterrissage et d'envol entre le "ici" et "là-bas" ou "n'importe quel ailleurs" – le départ en avion d'une famille qui fuit au-delà de l'Himalaya ou l'atterrissage de l'ange Samuelov, dans sa tournée visant à rassembler les âmes des morts.

Haïm Beér, Trois remarques sur l’arrière-pays biblique du texte agnonien
Une démarche d’ordre artistique qui, pendant des générations, avait été l'un des facteurs d'identité les plus saillants de la nouvelle littérature hébraïque, atteint son paroxysme dans l'œuvre de S.Y. Agnon. L'essence de cette démarche réside dans un système complexe de relations, aux facettes multiples, s'établissant entre le texte littéraire apparent et d'autres textes, dialogue latent, mais cependant présent avec le "corpus sacré". Ce corpus, qu'on s'accorde ces derniers temps à désigner sous le terme de « trésor juif » (littéralement "bibliothèque juive"), sont les écrits hébraïques dans leur ensemble historique, de la Bible et la littérature rabbinique, aux recueils de contes ou d'histoires hassidiques, en passant par les ouvrages de philosophie juive et ceux concernant la Loi ou la mystique.

Shmouel Wigoda, La halaha dans la pensée philosophique d’Emmanuel Lévinas
En dépit de l’intérêt grandissant porté aux différents aspects de la pensée de Lévinas, nombreuses sont les facettes de cette philosophie qui n’ont pas été adéquatement analysées. L’une d’entre elles est sans doute la problématique du rapport de Lévinas à la halaha. Le sujet mérite de faire l’objet d’une recherche approfondie, puisque, dans ses écrits philosophiques et surtout dans ses réflexions talmudiques, Lévinas ne cesse de se référer à la loi juive. La question mérite également d'être posée du fait qu’elle touche à la place de Lévinas parmi les autres penseurs juifs du vingtième siècle.

Littérature
Hadar Kimhi, Livre de savoir-vivre
J'ai toujours aimé les bonnes manières. Je n'ai pas le souvenir que les manières aristocratiques aient été soulignées de quelque façon dans le style d'éducation que mes parents s'efforçaient de nous inculquer, à mes frères et à moi. Mais en secret, j'aimais les règles de bienséance. Je les découvrais dans les séries télévisées en noir-et-blanc, dans une histoire d'amour de l'époque victorienne se passant dans les pays de Sa majesté et dans des romans sur des petites filles pâles en internat et le protocole qu'elles devaient respecter entre les pelouses vertes et les couloirs sombres du pensionnat. Et je me laissais imprégner par toutes les Jean Austin et les sœurs Brontë avec qui je rêvais de m'échapper vers un monde rempli de tasses de porcelaine et de décoration de roses (tandis que la réalité israélienne s'imposait à moi par une chaude journée d'été brumeuse).

Extraits de "La haggada de Gurs" :
 Ehud Lev
 Les cinquante huit dernières années me semblent plus courtes que les sept premières années de ma vie.  Un gouffre profond sépare ces deux parties inégales. Tout changea à Gurs, à cause de Gurs, après Gurs, depuis Gurs. Ma grand-mère est morte là-bas, de Gurs, mes parents ont été emmenés vers la mort, à Auschwitz, et mon enfance est morte, elle aussi à Gurs quand j’avais sept ans. Il ne fut plus jamais possible de la faire revivre.
 Le camp de Gurs n’était pas un camp de la mort, mais nombreux furent ceux qui y périrent de faim ou de maladie. Ce n’était pas un camp de travail et cependant des hommes qui y furent enfermés ont été emmenés aux travaux forcés et des milliers d’internés n’y trouvèrent pas un moment de repos. Gurs était un camp d’internement.
 Judith Shen-Dar, Victoire de l’esprit créatif, derrière les barbelés,  de "La haggada de Gurs" 
A Gurs, nous faisions du théâtre,
Savez-vous ce que cela veut dire ?
Nous jouions pour rester en vie,
Personne ne sait exactement ce que cela veut dire.
Une tartine de pain pour Ibsen
Un œuf pour «Songe d’une nuit d’été»
Et peut-être une poignée de fleur de farine relevée de dédain.
Les nuits glacées, nous répétions,
Affamés jusqu’à épuisement,
Nous chantions, dansions, pleurions et riions,
Nous apportions la joie, le rayonnement, la vie

Kobi Oz, article paru dans Les Temps modernes, 2008
Je suis un accro de la pluralité. Parfois, mon attitude est juive, parfois elle est européenne, il m'arrive d'être Oriental et il m'arrive d'être cosmopolite, tantôt je suis patriote avant tout et tantôt en premier lieu humaniste. J'ai commencé à comprendre qu'on peut être beaucoup de choses d'un seul coup, que la vie est faite de quantité de petits choix contradictoires et non d'une unique option, solide et cohérente. Selon la coutume orientale, il y a lieu de servir quantité de salades dans de petites coupelles. Pas obligatoirement des salades orientales ! La présentation des salades telle une mosaïque de goûts est une pratique levantine. La richesse, la variété et l'éclatement de couleurs sont l'incarnation de la conception orientale. Quand arrive le plat principal, il est évident qu'il s'agit-là d'une structure hiérarchique et c'est un plat qu'on accueille avec tous les honneurs. Sur la table, le plat cuit ou le couscous apparait en plus des salades. Le plat principal n'annule pas l'option d'y goûter au cours du repas. Cette conception qui honore la variété, mais établit une séparation entre ce qui est important et ce qui l'est moins est essentiellement orientale. Il ne faut pas la confondre avec la conception postmoderne. Dans un repas postmoderne, le plat principal serait également servi dans des coupelles de salades dès le début du repas. A la table classique, chaque élément a son exclusivité : on sert la salade en hors-d'œuvre, on la débarrasse avant de servir le plat principal et vers la fin du repas, on sert le dessert.


Nathan Alterman, Berceuse  
Dort la pomme
Dort l'oiseau
Dort le roi
Dort le bouffon
Dormez fleuves et rives
Dormez tambours et trompettes.
Goûterez-vous quand même un petit morceau
Non, non merci
c'est fini.

Raya, poème d'Agi Mishol
La cérémonie a été sobre :
L'employée du Ministère de l'Intérieur
Me tendit ton acte d'attestation
Toi qui jamais n'eus de certificat
Voilà qu'on te remet
Un certificat de décès
Un beau, un vrai,
Avec l'emblème de l'Etat
Comme si tu t'étais distinguée
Avais rempli tous tes devoirs.
 Elle m'a demandé
si je désirais
en profiter
pour mettre à jour
(c'est comme ça qu'elle a dit)
l'attestation de décès de mon père.
Puis elle a mis les deux papiers
côte à côte
comme des stèles
jumelles
et a pressé le bouton électrique.
 Je suis descendue dans la rue
Et j'ai continué à marcher
comme une petite fille
qui donne la main
à des parents
de papier
bruissant
au vent.
Michal Govrin מיכל גוברין
Les ancêtres  אבות
Comme une dalle sur une fosse
Leurs voix scellent le ciel
Poignées de mains de routine
Ils se saluent
Les pointes de leurs barbes vibrent
Aux vents d'autres temps
Et les ailes affolées de leurs arguties
S'agitent sous un dais fangeux
Comme à l'orée des cieux
כגולָל על פי בור
סוגרים צִלליהם את פני השמיים
בתקיעת-כף מברכים זה את זה
כְּעניין שבכל יום
חֻדי זקניהם גועשים
ברוחות של זמנים אֲחרים
וכנפים בְּהוּלוֹת של יוֹנֵי פִּלפוּלָם
מתחבטות בְּחוּפָּה עֲכוֹרָה
כִּבְתוֹך מבואות השמים
En suspens au bord de l'abîme,
Rôdent mes ancêtres
Serrés les uns contre les autres
En robe stricte de pays lointains
Manches hispaniques au parfum de jasmin.
Au vent battent papillotes et fourrures
Odeurs de maison-mur
De villes étrangères
Charivari d'enfant
            De femmes      
                 De casseroles
תלויים על בלימה דחוקים אבותַי זה בזה
שרוול בד היספָּניה ספוג ריח יסמין
בגלימה קפדנית ממדִינות היָמים
בַּרוח מכות פֵּאות ופרוות
ריחות בֵּית חוֹמה בערים נכריות
טף מצווח
               נשים
                      וקדרות
Ils se tiennent par la main, leur pacte de sang
Scelle la voûte des cieux
Sans que rien n'y paraisse passe à eux
Le fruit de leurs entrailles
וַתסגור ברית דמם יד ביד אחוזים
את תקרת הרקיע
לא נודע כי בא אל קרבם
פרי בטנם
   
   
Nathan Zach, Spectre dans le secrétaire
Mesdames et messieurs, chers lecteurs, croyez le ou pas, un spectre a envoûté ma table de travail. Même à cette heure, alors que tout est déjà fini, mes mains tremblent encore en écrivant une pareille phrase. Et s'il en est ainsi maintenant, quand le spectre a disparu, imaginez ma terreur alors qu'il se tenait devant moi. L'angoisse mortelle !
 D'abord, je n'ai pas pris son existence au sérieux, tout comme vous-même, vous êtes encore persuadés que je ne fais que plaisanter. Du genre, il commence par nous parler de spectres et il terminera avec des dînettes. Ou alors, comme d'habitude, il nous tirera une vipérine du chapeau où il vient de déposer un œuf d'oiseau. Avec lui, tout est possible.
 Quand ai-je réalisé, comment ai-je vraiment compris qu'un spectre – comme ceux qui généralement hantent les vieux châteaux – a bel et bien élu domicile dans mon secrétaire ? Mais il vaut mieux en fait que je raconte l'histoire convenablement et selon l'ordre des choses.
 Tout d'abord, je dois avouer, aussi désagréable que me soit cet aveu, que j'ai acheté moi-même ce secrétaire dans un pays lointain. Et non seulement je l'ai acheté, mais je l'ai payé une fortune, sans marchander le moins du monde. A tel point il me plaisait !
 Quand j'ai fais cette acquisition (comme ce mot est difficile à rendre dans l'hébreu d'aujourd'hui), que je l'ai montée chez moi - avec bien entendu l'aide d'un porteur - je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attendait. En d'autres termes, bien que je sois d'un naturel pessimiste, je ne pouvais imaginer les conséquences de l'acte stupide que j'avais perpétré.
 Tant que ce secrétaire se trouvait en sécurité dans son pays, le spectre ne s'était pas déclaré par le moindre petit signe et je suis tout à fait certain que personne ne connaissait son existence. Il serait logique de penser qu'un spectre qui rentre dans un quelconque secrétaire – que ce soit le mien ou celui de quelqu'un d'autre – aurait justement choisi de manifester sa présence dans son pays d'origine, bien connu pour les esprits qui l'habitent. Ne serait-ce que par honnêteté ou par habitude ! Parce que tout de même, quelqu'un qui s'achète un secrétaire n'est pas obligé de savoir ou d'imaginer qu'un fantôme y a élu domicile, comme si un tel meuble était pour un spectre une résidence naturelle. Nulle personne censée achetant un meuble n'est en devoir de vérifier au préalable, s'il n'y est pas entré un esprit.
 Ce n'est que lorsqu'il est arrivé chez moi, dans mon pays, avec tous les autres meubles et bibelots, qu'il a jugé bon de se révéler, pour autant qu'on désigne ainsi l'apparition des spectres. Depuis, ma vie est devenue infernale. Pour être précis, elle a changé du tout au tout et il en est de même pour moi.
 Comment tout cela est arrivé ? En fait, ce ne fut pas vraiment un évènement, soit quelque chose qu'on puisse dater ou situer. Un jour, alors que j'étais attelé à mon travail, que j'écrivais, il me sembla entendre de petits coups, comme des craquements, qui émanaient des profondeurs de la table. A ce stade, j'ai tenté de faire abstraction de ce fait, me disant que c'était mon ouie qui m'avait trompé. La sonnerie du téléphone a aussitôt détourné ma pensée de ces petits bruits, qui d'ailleurs ont immédiatement cessé.  
 Après quelques jours de silence, revinrent ce qu'à ce stade, je ne peux que décrire comme des gargarismes, des raclements, des spasmes, des murmures, des chuchotements et quelquefois des gémissements ou des soupirs à fendre l'âme, autant de bruits intermittents et discontinus. Dès que je m'assieds à ma table, ils se font entendre. Je me lève et voilà qu'ils se dissipent. Bruits étranges, qui n'appartiennent ni au monde animal ni au végétal, qui ne sont pas de ce monde et me semble-t-il, pas non plus du monde futur, puisse celui-ci venir pour le bien et non pour le mal.  

Savyon Liebrecht, Un toit pour la nuit, "Tel Aviv" (extrait)
Titre original : מקום טוב ללילה
 De l'esplanade pavée de la cinémathèque, tu marches rapidement en direction de la rue Ibn Gabirol, tu traverses la rue au rouge, tu te heurtes à une jeune-fille vêtue d'un débardeur à capuche et sans la regarder, tu te perds en excuses et continues plus loin, reprends ta démarche rapide et, te dirigeant vers la mairie, traverses – toujours au rouge - les deux prochains croisements, sans ralentir un instant.
Je te suis à grands pas, me faufilant dans la foule, obligée de traverser deux rues au rouge, risquant une amende, m'arrêtant soudainement au troisième feu pour laisser passer la circulation, inquiète de te voir t'éloigner. Les pans de ton manteau de détective se soulèvent sur le côté comme si tu allais t'envoler. Quand l'arrière de la dernière voiture me dépasse, je sors de l'alignement des gens respectueux des lois et traverse la rue au pas de course, continuant à courir après toi, pour te rattraper malgré l'écart qui s'est creusé entre nous. Tu fonces en avant en direction de la mairie dont on aperçoit déjà au loin l'extrémité. Mes yeux, contrairement aux tiens, ne peuvent éviter les vitrines et je manque de trébucher au moment où un élégant tailleur vert capte mon regard.

Miki Ben-Cnaan, La mère des blés         [Titre original : אם החיטה]
"Tu sais que nous t'aimons !? et ressentons envers toi un profond
Sentiment d'amitié !? Mais maintenant, après cette nuit, je sens
Qu'il vaudrait mieux qu'on se sépare pour un certain temps".
Julia, qui rien qu'à la façon dont il se tenait, s'imaginait ce qu'Oleg allait
Dire, leva la tête jusqu'à ce que ses yeux rencontrent les siens. Là, elle s'arrêta,
Saisissant son regard dans un trou de tristesse et dit en chuchotant : "Je
Regrette".
Deux larmes identiques dégringolaient le long de son visage et Oleg paria en
Lui-même laquelle arriverait la première au pli du cou. Mais Julia mit
ses deux mains sur son visage et étala les larmes simultanément, une
De chaque coté. Après, sans émettre un son, elle se leva, emballa ses affaires
et sortit sans bruit de la maison.
Oleg l'observa d'en haut. Il la vit dévier de la cage d'escalier
Vers la rue et ensuite marcher, courbée dans sa démarche de girafe
En direction de la rue principale. Un taxi blanc l'engloutit en chemin
Et disparut avec elle au coin de la rue. En pensée, il compléta le parcours
Des larmes de Julia et les vit tomber comme des gouttes de rosée sur le plancher
Creusant des canaux étroits dans le béton le long des cinq étages jusqu'à
L'abri.
        
p.106 אם החיטה
 את יודעת שאנחנו אוהבים אותך ?! ומרגישים כלפייך רגש
עמוק של חברות?!  רק שעכשיו, אחרי הלילה אני מרגיש
שמוטב יהיה אם ניפרד לתקופה."
ג'וליה, שתיארה לעצמה את שאולג עומד לומר כבר מתנוחת
גופו, הרימה את ראשה עד שעיניה פגשו את עיניו. שם נעצרה,
לוכדת את מבטו אל תוך בור של עצב ואמרה בלחש: "אני
מצטערת."
שתי דמעות תואמות התדרדרו לצדי פניה ואולג הימר בינו
לבינו מי מהן תגיע ראשונה לקפל צווארה. אך ג''וליה שלחה
את שתי ידיה אל פניה ומרחה את הדמעות באופן מתואם אחת
לכל צד. אחר כך, מבלי להשמיע הגה, קמה, ארזה את חפציה
ויצאה מהבית בשקט.
אולג הציץ עליה מלמעלה. ראה אותה חורגת מחדר המדרגות
אל הרחוב ואחר כך צועדת שפופה בהליכת הג'ירפה שלה
לכיוון הכביש הראשי - מונית לבנה בלעה אותה בדרך
ונעלמה עמה מעבר לפינה. במחשבותיו השלים את מהלך
דמעותיה של ג'וליה כשהן נושרות כמו אגלי טל אל הרצפה
וצורבות תעלות צרות בתוך הבטון לאורך כל חמש הקומות עד
למקלט.
 
Pièces de théâtre
מתוך: מומיק, מחזה מאת דויד גרוסמן
אני בן תשע. גר עם אמא ואבא בירושלים. השם שלי – שלמה אפרים נוימן, אבל כולם קוראים לי פשוט – מומיק.
אמא ואבא מכריחים אותי כל יום בין אחת ועשרים לאחת וחצי, להקשיב לתכנית הרדיו "דרישות שלום מעולים חדשים וחיפוש קרובים", ולרשום, אם הקריין יקריא איזשהו שם מהרשימה, שאבא כתב לי על דף – הרשימה של כל הקרובים והמכרים שלנו משם. הפתק עם השמות כבר מלוכלך בשמן של אלף ואחת ארוחות צהריים, אבל אפילו פעם אחת במשך השנתיים שאני מקשיב לתכנית, לא אמרו שם אף שם אחד שלנו. לא היה אף אחד בש םנוימן, אומינץ, אווסרמן, שהגיע לארץ ישראל מפולין, אחרי כל מה שהיה...
 Momik, une pièce de David Grossman
Momik a.:         J'ai 9 ans. J'habite avec maman et papa à Jérusalem. Je m'appelle Shlomo Efraïm Neumann, mais tout le monde m'appelle Momik.
Tous les jours, entre une heure vingt et une heure et demie, maman et papa m'obligent à écouter l'émission "Les nouveaux immigrants recherchent des parents" et d'inscrire, au cas où on dirait un des noms de la liste que papa m'a écrite sur une feuille – la liste de tous nos parents et connaissances de Là-bas. Le papier avec les noms, que la graisse des mille et un déjeuners qu'on a fait depuis, a déjà tout taché, mais pas une fois, depuis deux ans que j'écoute l'émission, on n'a dit un seul de nos noms à nous. Il y avait pas un seul Neumann, pas un Mintz ou un Wasserman qui soit venu en Terre d'Israël de Pologne, après tout ce qu'il y a eu …
  
 
 
Motti Lerner, Le meurtre d'Isaac
Du sommet des montagnes coule le sang
Il s'épanche sur ses flancs
A la maison, les enfants en larmes fondent
Et sur la place, les mères se morfondent
Et la terre n'était que solitude et chaos
Des ténèbres couvraient l'abîme
 
Près des villes des tombes sont prêtes
Les enterrements se succèdent, se    répètent
Les familles accompagnent leurs morts
Dans l'étourdissant silence des pleurs
Et la terre n'était que solitude et chaos
Des ténèbres couvraient l'abîme
  
Dans les rues marchent les amputés
Les visages brûlés sous leurs masques
Les aveugles tâtonnant dans la nuit
Les traumatisés se terrent dans leurs terriers
Et la terre n'était que solitude et chaos
Des ténèbres couvraient l'abîme
 
 Mais le jour dit ils seront tous là
Les veuves, les endeuillés les orphelins
Les blessés, les estropiés, les traumatisés
Ils se presseront au scrutin
Aveuglés ou amnésiques
Oubliant ce qu'est la guerre
Ils déposeront leur bulletin
Et éliront un gouvernement
Qui déclarera la prochaine guerre
Et la terre n'était que solitude et chaos
Des ténèbres couvraient l'abîme
Et Dieu vit que tout est bien.
מוטי לרנר
דם ניגר מראשי ההרים
שוטף על מורדות הגבעות
בבתים מייבבים הילדים
בכיכרות מתייפחות האימהות
והארץ הייתה תוהו ובוהו
וחושך על פני תהום         
 
בפאתי הערים נחפרים קברים
שיירות שיירות מתנהלות הלוויות
אבלים צועדים בעיניים רטובות
בשתיקות רועמות מזעקות
והארץ הייתה תוהו ובוהו
וחושך על פני תהום
 
ברחובות מדדים קיטעים
חרוכי פנים במסכות         
עיוורים מגששים בדרכים
הלומי קרבות מסתתרים במחילות
והארץ הייתה תוהו ובוהו
וחושך על פני תהום
 
אבל ביום פקודה יתייצבו כולם
האלמנות, השכולות, היתומים
הפצועים, החבולים, ההלומים,
ידחקו בתורם מעבר לפרגוד
וכמוכי סנוורים וחולי שכחה
כאילו לא יודעים הם מהי מלחמה
ישלשלו את פתקיהם אל התיבה     
ויבחרו בממשלה, בממשלה האומללה
שתצא למלחמה, למלחמה הבאה
והארץ הייתה תוהו ובוהו
וחושך על פני תהום         
וירא אלוהים כי טוב. 
 
Le Rocher d'origine (titre provisoire), roman écrit en collaboration avec Haim Shiran
Les promiscuités du mellah associaient pour le meilleur et pour le pire les familles voisines et chacun participait nécessairement aux joies comme aux peines de son entourage. Nous partagions avec deux autres familles le même "appartement" ou pour être plus précis, la même cuisine servait trois familles qui chacune s'entassait tant bien que mal dans une chambre du logement. Dire que nous vivions les uns sur les autres n'est nullement un euphémisme. Dans les habitations attenantes, c'était la même densité de population. Rares étaient, dans notre ruelle, ceux qui avaient leur "maison", c'est-à-dire un appartement pour leur seule famille. C'était le cas des Dahan, en face de chez nous, dont une des filles était très amie avec l'une de mes sœurs. Quand on célébra le mariage de l'ainée, tous les voisins furent évidemment de la fête. Une festivité importante devait être la soirée du henné, peu avant le mariage, en présence des femmes des deux familles nouvellement alliées et de quelques amies. De jeunes garçons se trouvaient parfois mêlés à toutes ces femmes, les mères de famille n'ayant d'autre solution pour garder leurs progénitures que de les emmener avec elles. J'assistai donc ce jour-là, avec quelques autres bambins, à cette célébration qui se voulait exclusivement féminine. La mariée trônait sur son siège, au milieu du salon, vêtue de la parure traditionnelle. Un ensemble musical entièrement féminin appelé shéhat, loué pour la circonstance, accompagnait Zohara-el-Fassiyya, une grande chanteuse de Fès, qui entonna son chant Abiadiyana : "Heureux ceux qui partagent la beauté de ce matin / La mariée tressaille et l'ennemi défaille/ Sois fière jeune mariée, pose une touche de hénné/ Dans le creux de ta main/ Qu'il est doux aujourd'hui d'être entre amis". La mélodie retentissait parmi les cris de joie et les youyous, au milieu des va-et-vient incessants de plats, de gâteaux, de dragées, et des ondulations des femmes. Celles-ci s'en donnaient à cœur joie. Loin des regards masculins, elles se sentaient libérées de toute contrainte et s'adonnaient sans retenue à la danse, succombaient au rythme de la musique, s'y abandonnaient. C'était une ardeur gestuelle exubérante, brusque et désordonnée. Jeux de mains, de hanches, de tête ; martèlements de pieds, roulements des épaules et du buste, oscillations des corps, qui avec la grâce alanguie d'un plaisir assouvi et soutenu, qui avec la fougue d'une poursuite désespérée. Je n'avais jamais vu ma mère danser et je la regardais, fasciné. Elle se mouvait avec lenteur, dodelinait de la tête, balançait les bras, ballotait sa poitrine avec une grâce que je ne lui soupçonnais pas. Elle semblait m'avoir oublié et pourtant, je me sentais porté par elle, tel un navire bercé par les vagues. Mais elle ralentit peu à peu son mouvement et s'arrêta. Son regard s'était posé sur notre voisine et je vis que celle-ci était devenue le point de mire de toutes. La plupart des femmes continuaient à danser avec elle et dans un débordement des sens, partageaient sa fièvre. D'autres, à l'instar de ma mère, s'étaient figées, absorbées dans le spectacle de cette femme en transe que les transports voluptueux avait conduite à l'ivresse sensuelle de l'extase. Elle se convulsionnait frénétiquement au rythme saccadé et monotone de l'orchestre, se fondait toute entière dans cette musique incantatoire capable d'écarter toutes les souffrances contingentes de l'existence, jusqu'à s'y perdre elle-même. Elle se grisait, trépignait ; ses pas scandaient la musique ; chaque partie de son corps semblait vibrer pour son propre compte au point de le disloquer dans un délire excitant. Elle continua ainsi sa danse folle pendant un bon moment. Je l'observais moi aussi, paralysé, terrifié par ces débordements convulsifs. Son excitabilité extrême provoqua finalement un éréthisme cardiaque.



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